Pèlerinage en Suisse du 18 au 24 avril 2009
La Suisse vue par sainte Thérèse de Lisieux
Extrait d’Histoire d’une âme, éditions du Cerf
« Avant d’arriver à cette « ville éternelle », but de notre pèlerinage, il nous fut donné de contempler bien des merveilles. D’abord ce fut la Suisse avec ses montagnes dont le sommet se perd dans les nuages, ses cascades gracieuses jaillissant de mille manières différentes, ses vallées profondes remplies de fougères gigantesques et de bruyères roses. Ah ! Ma Mère chérie, que ces beautés de la nature répandues à profusion ont fait du bien à mon âme ! Comme elles l’ont élevée vers Celui qui s’est plu à jeter de pareils chefs-d’œuvre sur une terre d’exil qui ne doit durer qu’un jour… Je n’avais pas assez d’yeux pour regarder. Debout à la portière je perdais presque la respiration ; j’aurais voulu être des deux côtés du wagon car en me détournant, je voyais des aspects enchanteurs et tout différents de ceux qui s’étendaient devant moi.
Parfois nous nous trouvions au sommet d’une montagne, à nos pieds des précipices dont le regard ne pouvait sonder la profondeur semblaient prêts à nos engloutir… ou bien c’était un ravissant petit village avec ses gracieux chalets et son clocher, au-dessus duquel se balançait mollement quelques nuages éclatants de blancheur… Plus loin c’était un vaste lac que doraient les derniers rayons du soleil ; les flots calmes et purs empruntaient la teinte azurée du Ciel qui se mêlait aux feux du couchant, présentant à nos regards émerveillés le spectacle le plus poétique et le plus enchanteur qui puisse se voir… Au fond du vaste horizon on apercevait les montagnes dont les contours indécis auraient échappé à nos yeux si leurs sommets neigeux que le soleil rendait éblouissants n’étaient venus ajouter un charme de plus au beau lac qui nous ravissait…
En regardant toutes ces beautés, il naissait en mon âme des pensées bien profondes. Il me semblait déjà comprendre la grandeur de Dieu et toutes les merveilles du Ciel… »

